• Mo Farah voulait deux médailles pour ses jumeaux

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    Publié le 12 août 2012 à 12h45, par Odile Baudrier
    Photos G. Bertrand

    Mo Farah a marqué ces Jeux. Ce petit homme fluet est devenu la coqueluche du public britannique, et le stade s’est mué en volcan à son entrée sur la piste et tout au long de 5000 mètres, pour le porter vers son 2ème titre olympique en une semaine.

     « Mo, Mo ». Les tribunes vibrent au rythme de ses foulées. Standing ovation à chaque passage devant eux. Mo Farah entre dans l’histoire de l’athlétisme britannique. Premier citoyen de sa gracieuse majesté sacré champion olympique en demi-fond, avec le 10.000 mètres, et maintenant, double champion olympique…   

    Mo Farah sait sa performance exceptionnelle : « Il n’y a pas de mots pour décrire ça. Votre rêve est devenir champion olympique, mais le faire deux fois est incroyable. Kenenise Bekele l’avait fait 2 fois, et aussi Lasse Viren. Faire partie de ce groupe, c’est énorme ! »

    Sur cette piste londonienne, ses adversaires n’ont pas le beau rôle. Son vainqueur serait le torpilleur de rêve de toute une nation, soudée derrière lui, que Sebastien Coe lui-même a déjà qualifié de plus grand demi-fondeur britannique de tous les temps…

    Et même les deux rivaux qu’il a dominés l’aiment, et le disent. Devant la presse, l’Ethiopien Gebremeskel lui serre la main pour le féliciter. Le Kenyan Longosiwa a le même geste et ajoute : « C’est mon ami. » 

    Mo Farah réussit une équation difficile, aduler l’Angleterre, sa terre d’immigration, sans rien renier de son pays natal et de ses origines : « J’ai vécu avec ces gars dans le passé. J’étais gamin, je suis allé au Kenya, j’ai couru sur la piste avec eux et je réussissais à rester avec eux. Alors, je savais que je pouvais faire de belles choses. J’ai appris beaucoup d’eux. Vous pensez que ces gars sont juste intouchables, mais si vous y croyez, vous pouvez réussir, avec du travail dur, de la confiance en vous, et un grand entraîneur comme Alberto Salazar. »

    Une collaboration avec l’entraîneur américain qui doit beaucoup à Sebastien Coe, le patron de ces JO, qui avait expliqué la réussite de ces Jeux Londoniens par la mise en œuvre d’une politique très construite : « Nous avons voulu que les meilleurs athlètes aient les meilleurs entraîneurs. Même s’il fallait recruter à l’étranger. C’est ce que nous avons fait pour Charles van Commenee, (le patron de l’athlétisme britannique). Pour Mo, j’ai contacté Alberto Salazra, un vieux ami à moi ! »

    Un pari audacieux, qui se conclut avec ce doublé londonien, que Mo Farah a été chercher au tréfonds de ses tripes dans un dernier tour de furie : « La foule criait de plus en plus fort. Cela me rappelait un match de foot. » 

    Et Mo Farah de révéler son bonheur à l’idée qu’avec cette 2ème or olympique, ses jumeaux qui naîtront bientôt auront chacun leur médaille d’or. Mais aussi sa joie à voir Usain Bolt reproduire après le record du monde du relais, le fameux « Mobot », son geste des mains sur le crâne : « C’est un honneur ! »

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