• JO : l'athlète Mekhissi se dit prêt à mourir sur la piste

    Créé le 01-08-2012 à 22h01 - Mis à jour à 22h01

    LONDRES (Reuters) - Révélé voilà quatre ans par une inattendue médaille d'argent à Pékin, Mahiédine Mekhissi est arrivé à Londres "prêt pour la victoire" sur le 3.000 m steeple des Jeux olympiques 2012.

    "Je suis prêt à donner ma vie, à mourir sur la piste", a confié le Français qui entre en lice vendredi en séries avant une finale programmée pour dimanche.

    En 2008, sa place sur le podium avait fait jaser mais Mekhissi a depuis détrompé les sceptiques en enlevant deux titres européens, une médaille de bronze mondiale, et en s'affirmant comme le seul coureur capable de se frotter aux rois de la discipline, les Kenyans.

    "En quatre ans, j'ai engrangé les médailles et la confiance. J'ai réussi à prouver que j'étais à ma place. Ce qui a été dit sur moi m'a rendu beaucoup plus fort. C'est avec l'échec qu'on avance ", a-t-il déclaré mercredi lors d'un point de presse au village olympique.

    Le Rémois s'est préparé comme jamais pour ces Jeux en altitude à Font-Romeu et, dans les semaines qui ont précédé l'échéance, a surtout mis l'accent sur la vitesse terminale et sur la tactique, la clef pour tenter de battre les Kenyans.

    Pour ce faire, il sera cependant privé en course de son compatriote Bob Tahri, blessé, l'un des rares avec lui à tenir têtes eux hommes des hauts plateaux.

    "EMBRASSER LA MASCOTTE"

    "Il m'a laissé tout seul contre eux. C'est dommage, parce que plus de fous on est mieux c'est", estime Mahiédine Mekhissi.

    Mais le double champion d'Europe ne craint ni la solitude, ni l'adversité. Au contraire, elles le stimulent.

    "Le 3.000 m steeple, c'est vraiment le sport national au Kenya. Et quand je me retrouve au milieu d'eux, le seul Blanc, c'est une sensation magique", raconte-t-il.

    Reste que, jusqu'à présent, il s'en est toujours trouvé un, ou deux, pour se glisser devant lui dans les grands rendez-vous. Et surtout Brimin Kipruto, tenant du titre et médaillé d'argent aux championnats du monde après avoir bousculé le Français.

    "Les Kenyans, je le connais par cour et j'ai particulièrement un compte à régler avec Kipruto ", avoue-t-il.

    Mais en attendant d'en découdre, il faudra d'abord se hisser en finale.

    "En séries, il s'agit surtout de laisser le moins de forces, de courir à l'économie. Après dimanche, en finale, je suis prêt pour la victoire ", dit-il.

    Une victoire qui non seulement montrerait la voie à l'équipe de France d'athlétisme mais qui lui permettrait également de rattraper ses gaffes des championnats d'Europe de Barcelone et d'Helsinki où, emporté par son enthousiasme, il avait bousculé la mascotte.

    Il s'est engagé, cette fois, à l'embrasser.

    "Mais pour embrasser la mascotte, il faut d'abord gagner !", lance-t-il.

    Edité par Jan-Paul Couret