• Les Français sont mauvais en athlétisme : ce n'est pas un hasard

    SPORT. Constat d'échec aux Mondiaux d'athlétisme de Daegu : malgré une deuxième médaille (du bronze) sur le 3 000 mètres steeple, la France ne brille pas. Nos Bleus semblent scotchés aux starting-blocks, contrairement au judo (six titres lors des derniers Championnats). Un exemple à suivre ?
    Sélectionné et édité par Christopher Ramoné

    Temps de lecture Temps de lecture : 2 minutes

    Il y a eu les Championnats d’Europe, et les médailles qui ont suivi. La France était devenue alors un grand pays de l’athlétisme mondial !

     

    Toutes ces annonces ont été faites sans tenir compte du contexte présent ce jour-là à Barcelone : confusion de niveau entre l’athlétisme européen et l’athlétisme mondial, absence dans certaines délégations européennes des meilleurs éléments (Russie, Allemagne, Pologne, Angleterre, entre autres).

     

    Youtube - Christophe Lemaitre champion d'Europe 2010 du 100 mètres - Par Guitoujean

     

    À partir de là, que se passe-t-il au sein de l’athlétisme français, si ce n’est des résultats bien en-dessous de ceux attendus !

     

    Un constat est tout d’abord à faire. Lorsqu’on regarde les Championnats du Monde de judo, on s’aperçoit que dans chaque catégorie, la concurrence est dure. En effet, avant de prétendre à une sélection nationale, il est très difficile en France de faire partie de la liste des combattants qui défendra les couleurs de l’équipe, aussi bien féminine que masculine. Dans la plupart de ces catégories, deux à trois judokas de niveau mondial se disputent le leadership, signifiant par-là que la relève est prête et que le ou la sélectionné(e) du jour peut à tout moment être remplacé(e) demain.

     

    Idem au handball et, dans une moindre mesure, en natation : des jeunes sportifs de qualité poussent derrière.

     

    Viennent ensuite les autres disciplines sportives dans lesquelles, généralement, un champion français règne en maître au-dessus du lot, loin devant les éventuels prétendants (rugby, cyclisme, athlétisme, football, lutte, basket…).

     

    Et lorsque ce champion faiblit, tout le monde de s’étonner de l’absence de résultats : il suffit pour cela d’écouter les commentaires télévisés des journalistes présents actuellement à Daegu en Corée du Sud ! Tout seul, là-haut, le champion se fonctionnarise dans la mesure où personne ne peut lui revendiquer sa place.

     

    Christopher Lemaitre et Jimmy Vicaut aux Championnats du Monde de Daegu / 28-8-2011 / OLIVIER MORIN / AFP

    Christophe Lemaitre (à gauche) et Jimmy Vicaut (à droite) aux Championnats du Monde d'athlétisme 2011 / AFP

     

    Aux USA, en Jamaïque, en Russie, au Kenya, en Ethiopie et même actuellement en Allemagne et en Angleterre, la concurrence provient non pas du hasard, mais d’un gros travail de détection-sélection, effectué à l’échelle nationale, à partir d’une forte collaboration entre le mouvement sportif fédéral et le milieu scolaire.

     

    Et si on pratiquait du vrai sport à l'école ?

     

    En France, certaines fédérations ont su se développer grâce à la motivation et l’intelligence de dirigeants. Des anciens pratiquants, ont joué tantôt sur un recrutement s’appuyant sur une formation de cadres techniques compétents, et une multiplication de clubs jusque dans les quartiers “chauds” (exemple du judo), tantôt sur une forte initiation scolaire et un travail de détection en relation étroite avec les professeurs d’EPS (exemple du handball).

     

    Problème : l’absence presque régulière de pratique sportive dans le primaire (et donc de sensibilisation, de familiarisation) ou encore les deux heures d’EPS en lycée, à plus de 30 par classe à propos d’activités sportives dénaturées (3 x 500m en athlétisme, acro-gym) ne peuvent en aucune façon permettre l’émergence d’une jeune élite départementale, régionale puis nationale.

     

    Certains sports sont devenus "ringards" aux yeux de notre jeunesse. Si notre pays ne se décide pas à mettre en œuvre une véritable politique sportive impliquant tous les secteurs (école, associations sportives, clubs, CREPS, STAPS, fédérations), et bien nous louperons le train du sport mondial, mais aussi celui d’une éducation à la règle sociale, loin des cours artificiels de "morale", chers aux conservateurs de notre pays.

    Auteur parrainé par Christopher Ramoné

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